UN MONSTRE CHEZ GRÜNEWALD

mardi 3 mars 2009

La tentation de Saint Antoine de Grünewald

Le panneau de la tentation de Saint Antoine du Retable d'Issenheim peint par Grünewald m'a semblé mériter une étude approfondie qui s'est révélée amusante et constitue un démenti aux poncifs piétistes ou médicaux réguliérement repris de Huysmans; voyons de quoi il s'agit et pour en savoir plus sur le contexte on pourra avantageusement consulter

La collection Palette a consacré une vidéo au retable d'Issenheim.

Le Retable est visible au http://www.musee-unterlinden.com/collections/lexperience-le-retable-dissenheim/



Vue d'ensemble pour situer le panneau de l'agression de Saint Antoine lors de la deuxième ouverture du Retable :

Panneau de l'agression de Saint Antoine :



La légende dorée  de Jacques de Voragine // Saint Antoine
« …Alors les démons lui apparurent sous différentes formes de bêtes féroces, et le déchirèrent à coups de dents, de cornes et de griffes. Mais tout à coup apparut une clarté admirable qui mit en fuite les démons .. »

"Ubi eras bone Jhesu, ubi eras, quare non affuisti ut sanares vulnera mea?"


"Lorsque vous étiez là, mon bon Jésus, lorsque vous étiez là, pourquoi n'êtes-vous pas venu guérir mes blessures ?"

Toute œuvre d’art et en particulier une peinture, peut être interprétée selon la séméiologie classique, en la resituant dans son contexte historique et culturel, mais aussi selon la méthode psychanalytique de « l’interprétation des rêves » où les processus de « condensation » (le même signifiant ou image est porteur de plusieurs significations simultanées allant des grands archétypes aux détails et affects de la vie la plus intime du rêveur = de l’artiste) et de déplacement (ce n’est pas l’évidence de ce qui est donné à voir, éclairé, mais plutôt tel ou tel détail qui fait l’essentiel du message) ouvrent des perspectives originales de compréhension à l'amateur d'art.…


Ainsi le panneau de Grünewald représentant avec une incroyable maestria, le passage suivant de la légende dorée : « …Alors les démons lui apparurent sous différentes formes de bêtes féroces, et le déchirèrent à coups de dents, de cornes et de griffes. Mais tout à coup apparut une clarté admirable qui mit en fuite les démons … » peut avoir une signification subliminale tout autre, si l’on s’attarde à la créature maladive du furonculeux agonisant au coin inférieur gauche du panneau de droite.

Démonstration :



Objectivement, l’examen, l'analyse médicale de cet humanoïde monstrueux et malade n’évoque le mal des ardents (ou la lèpre) que par le moignon de la main gauche :









la peste buboneuse a une répartition toute autre de ses bubons qui est limitée aux aires ganglionnaires, ce qui n’est pas le cas ici.

Les lésions cutanées, un peu croûteuses sur le front ne sont pas assez spécifiques pour s'inscrire dans un cadre nosologique précis.

Le visage glabre, sans poils ni moustache est celui d’une femme.

Les boursouflures disséminées bulleuses à cocarde inflammatoires sur l’abdomen et les membres évoquent des abcès à staphylocoques dorés (pu jaune crémeux) disséminés à la peau au cours d’une septicopyohémie à point de départ le phlegmon péri ombilical (placard érythémateux tendu, rutilant et chaud) prêt à se rompre.

Ces abcès pourraient également être la complication des blessures multiples telles que peut en réaliser un interrogatoire mené sur un(e) suspect(e) de sorcellerie, par le dominicain scélérat qu’est l’inquisiteur Heinrich Krämer, sévissant dans la région du Rhin à l’époque de Grünewald, et qui recommande, faute d'aveu spontané, de « recourir à divers moyens d'établir des preuves qui permettront de soumettre l'accusé à la question pour le faire avouer. Il s'agit, d'une part, de rechercher sur le corps du prévenu la marque satanique, réputée insensible à la douleur : pour la trouver, on enfonce des aiguilles d'argent dans son corps dénudé, entièrement rasé, jusqu'à trouver un endroit insensible et ne produisant pas d'écoulement de sang ; cette découverte constitue en droit une demi preuve… » et vu les conditions sanitaires de l’époque une explosion septique consécutive à ces recherches ne serait pas étonnante…

Il y a absence totale de pilosités sur le corps et le visage (rasage de près ou peau de batracien ?)


que l’on peut opposer à l’abondante pilosité très bien rendue de la peau du bras de Saint Paul sur le panneau de gauche.

L’attitude générale de souffrance et d’abattement, la couleur blafarde de la peau tirant sur le vert est compatible avec un état de choc septique …

Grünewald a t’il observé tout cela ?

Que penser de ses doigts palmés à la manière des grenouilles, et de ce ventre hydropisique qui évoque la balourdise du crapaud pustuleux ? N’y a t’il pas là un rappel des châtiments d’un Dieu en colère où grenouilles et ulcères font partie de la Géhenne :
extraits : - La première coupe de la colère divine : Le premier ange alla, et il versa sa coupe sur la terre. Et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image (Apocalypse 6:2).Toutes les coupes sont déversées le monde des incroyants que Jean a l'habitude d'appeler «les habitants de la terre» (Apocalypse 13:14; 17:2). Ce sont les anges qui les vident. Ils sont les agents de la colère divine… Il ne frappe pas tous les hommes, mais seulement les disciples de l'Antechrist, ceux qui portent sur le front la marque de la bête et qui adorent son image. Dieu protège les siens, ceux qu'il a marqués de son sceau ( = TAU ?) (Apocalypse 7:2.4). C'est un sceau que ne portent pas ceux qui adorent la bête. Aussi ne sont-ils pas préservés du jugement divin (Apocalypse 9:4). expl : Un ulcère ou un furoncle est le signe visible d'une infection. L'ulcère dont sont frappés tous ceux qui vénèrent l'Antechrist montre qu'ils sont intérieurement infectés par le venin de l'impiété.
- La sixième coupe de la colère divine …. et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles…
… extraits :
- Les dix plaies d'Égypte sont les dix châtiments qu'aurait infligé Dieu à l'Egypte dans la tradition judéo-chrétienne : "... les grenouilles montèrent et recouvrirent l’Égypte ..." (Exode 8:1-25 : "... gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules ..." (Exode 9:8-12) …etc.

J’ajoute que la grenouille, au Moyen Âge, est rapprochée des hérétiques, à cause de son coassement obstiné, et associée aux sorcières qui l’utilisent pour préparer des philtres, et que parmi les Pères de l'Église, beaucoup voient dans la grenouille et le crapaud le symbole du diable et de la luxure…


Plus tard, puisqu’elle sort des entrailles de la terre et de la vase (le monde des ténèbres) à chaque printemps, la grenouille fut parfois connotée à la résurrection…

Le combat contre Satan, symbole du mal, est un thème culturel ou mythique très commun au moyen age.

Si la tentation de Saint Antoine se manifeste avec fréquence dans l´art du Moyen Age, c´est en raison de sa signification interne : le spectacle dépeint par les nombreux artistes s’appuie sur une l’idée assez banale du combat entre le bien et le mal.

A travers les récits de la Légende dorée et de Saint Athanase, les tourments de notre anachorète se réduisent à une seule épreuve : le choix, pour l´âme humaine, entre la perdition et le salut, entre le désir de fornication et l’abstinence.

L’enseignement de Jacques Le Goff in conférence « Du Moyen Âge à l’Europe d’aujourd’hui » (Ecole des Hautes Etudes En Sciences Sociales) : « … le Moyen Âge n’arrive pas à se représenter l’homme sans corps. L’âme dans l’iconographie est un enfant. D’abord parce que, contrairement à une fausse vision idéalisée du Moyen Age, cette époque a été très matérialiste. Mais c’est aussi et surtout parce que le Moyen Âge a pleinement vécu un christianisme qui professait l’union intime de l’âme et du corps et mettait au premier plan des certitudes la croyance en la résurrection des corps. L’homme ne se sauve qu’à travers son corps comme à travers son âme… » vient étayer mon analyse, ainsi que l’opinion de Paracelse, communément admise aux 14 et 15ème siecle : « Il faut savoir que toute maladie est une expiation et que si Dieu ne la considère pas comme finie, aucun médecin ne peut l'interrompre... le médecin ne guérit que si son intervention coïncide avec la fin de l'expiation déterminée par le Seigneur ».

J’interprète la chimère homme-grenouille à la lecture des extraits de l’apocalypse, du récit de l’exode et aussi du Malléus Maleficarum.

La créature qui nous intrigue et nous effraye ne participe pas à la furia des démons qui attaquent Antoine, elle est délaissée, accablée de fièvre et de douleurs, adossée et gisante, affreusement malade, mourante, sa chair est martyrisée, infectée, empoisonnée, et par endroit suintante, il n'y a plus d'espoir, et nul n'imagine que l'apparition de la lumière divine va influer sur son sort : elle est damnée.

La couleur verdâtre de sa peau évoque aussi les notions de déraison et de transgression que l’époque associait au vert.

Ce relaps, n’a pas su prendre exemple sur Antoine, rester ferme dans ses convictions religieuses et a cédé à ses tentations et au démon de la chair …, par où il sera puni, de façon écoeurante et spectaculaire …., et édifiante pour ceux qui seraient tentés de ne pas prendre au sérieux les commandements de l’Eglise.

Cette image suggère le devenir de l’impie qui arrache les Saintes Ecritures de sa main droite (ou s’y accroche en un trop tardif repentir) et abandonne la religion : il subit une transformation maladive et maligne en « esprit impur » ; et c’est la pourriture de la chair qui traduit le vice de l’âme de notre hideux personnage qui s’est laissé séduire par les appâts de la grande putain de Babylone et est porteur des plaies de la vengeance divine.

Il agonise, n’est plus qu’à moitié humain, son sort est tracé, inéluctable : il meurt.

Ce mourant est le paradigme de l’homme en déréliction.

En résumé, la signification cachée de la scène pourrait être : « pas de salut pour les mécréants ! » ou, à la manière d’une vanitas, dont l’époque était friande « la mort n’est pas loin !»

Une signification d'ensemble du retable (qui répond à une commande de Guido Guersi précepteur du couvent des Antonins d’Issenheim, commande qui a disparue mais qui, comme c’était l’usage à l’époque, ne devait laisser que peu d’initiative à l’artiste, lui imposant un cadre, le nombre de personnage, les sens de la scène etc…) est généralement admise :
" Comme le Christ est passé par la mort et en est sorti vainqueur, comme saint Antoine a subi des épreuves et les a traversées, le malade doit espérer trouver une issue dans sa lutte contre le mal " (Christian Heck, ancien conservateur du musée d'Unterlinden).

C’est un message d’espoir, une consolation dont l’expressionnisme extrême devait provoquer un choc visuel et thérapeutique…

Il est patent que Saint Antoine sera sauvé et je démontre plus loin, dans mon rappel de pathologie, que outre l'agression par les démons, il souffre d'ergotisme, redoublant par là même, l’espérance d'une guérison.

Dans ce cadre, il était tentant de rappeler aux ouailles souffrantes du mal des ardents, hébergées et soignées dans l’enceinte du couvent dont elles devaient suivre la règle monastique (corvées, soins, heures de prière etc) que le salut sera plus facilement accordé à ceux qui se rapprocheront de la foi inébranlable et stoïque des saints protecteurs des Antonins et illustrés par le retable (Saint Sébastien, Saint Antoine).


Notre myrmidon agonisant, impie repoussant, est à l'opposé du message d'espoir, c'est l'exemple à ne pas suivre, et il représente une menace et un rappel à l’ordre pour ceux dont la piété est défaillante.

Comme dans les retables "du jugement dernier", par exemple celui de Rogier Van der Weyden aux Hospices de Beaune,(1452) où il était clairement rappelé au malade sa fin mortelle et la nécessité impérative de tourner son esprit vers Dieu, avec à l'appui, la vision pour tous les occupants du "grand hall des pauvres" qui prolonge la chapelle où se trouvait l'immense retable, de damnés précipités dans les tourments de l'enfer, tandis que sur le panneau en vis-à-vis, les justes guidés par un ange, gravissent un escalier gothique menant à la lumière de la Jérusalem céleste, démontrant ainsi au malade que le soin spirituel est aussi important que le soin de son corps (dans la pensée du 15ème siecle, seuls ceux qui se trouvent dans un état de grâce spirituelle pouvaient retrouver la santé).



Je note que Hans Haug dans l'Art en Alsace Arthaud, 1962, reste purement descriptif : "Au premier plan à gauche, un être patibulaire, verdâtre et pustuleux, au ventre enflé, aux pieds de batracien et aux mains réduites à des moignons, semble incarner à la fois le démon et la victime d'une horrible maladie. Il s'est emparé du bréviaire de saint Antoine et se cramponne à un pan de son manteau que d'autres lui arrachent".

Huysmans a raison de d’indiquer "A considérer avec soin le personnage, l'on s'aperçoit qu'il est un être humain qui se décompose et qui souffre ", mais fait totalement fausse route lorsqu’il veut en faire un modèle descriptif d’ergotisme gangréneux  "l'on comprend surtout l'image peinte d'après nature dans la salle des malades, de cet être dolent et affreux de la Tentation, qui n'est ni une larve, ni un démon, mais bien un malheureux atteint du mal des ardents. Les descriptions écrites qui nous restent de ce fléau sont d'ailleurs, de tous points, conformes à la description du peintre, et les médecins qui ignorent l'aspect de celte affection heureusement périmée pourront aller étudier le travail des tissus attaqués et des plaies dans le tableau de Colmar….", car on est à cent lieues

de la description clinique et pathogénique de cette maladie que je rappelle brièvement :

- Formes convulsives et délirantes, hallucinations visuelles (le LSD est un dérivé de cette mycotoxine qu'est l'ergot de seigle : ainsi Eric Bietry-Rivierre, critique d'art du Figaro, a conclu son article du 22/07/2010 sur le retable d'Issenheim par l'interprétation suivante "En somme, si l'on traduit le langage de l'art dans celui d'aujourd'hui, leur grand retable ac­compagnait les trips, calmant au besoin ces mauvais voyages psychédéliques'').



- Formes de destructions tissulaires par nécrose sèche noire et boucanée des extrémités, puis des membres,  pouvant atteindre le tronc sous forme de placards d’escarres noircies et cartonnées, associées à d'atroces douleurs avec une agitation extrême, aboutissant à la chute des moignons (ou l'amputation des membres, domaine d'excellence des chirurgiens des Antonins) avant la guérison avec ses séquelles ("les démembrés"...) ou la mort. 


Il est temps de constater que se sont les trois doigts médians de la main gauche de Saint Antoine se protégeant des démons qui commencent à noircir : c'est bien Saint Antoine qui est atteint d'ergotisme gangréneux et hallucinatoire et non notre hideuse créature !


Ce fourvoiement de Huysmans est d'autant plus inattendu qu’il semble bien connaître la symptomatologie de l'ergotisme puisque'il la décrit ainsi dans sa biographie de sainte Sainte Lydwine de Schiedam :"....puis ce fut le mal redouté du Moyen Age, le feu sacré ou le mal des ardents qui entreprit le bras droit et en consuma les chairs jusqu'aux os ; les nerfs se tordirent et éclatèrent, sauf un qui retint le bras et l'empêcha de se détacher du tronc"...


Quand à A. Châtelet, des dossiers de l’art n°79 , éd Fatons, il voit dans notre énigmatique zooanthrope une tentative d’inoculation de la syphilis à St Antoine : je gage que ce n’est pas cet estimable critique qui ira baiser les lépreux ou visiter les pesteux à Jaffa, ni fréquenter une lorette sans une double protection par condom !


Pantxika de Paepe, conservateur en chef du musée d'Unterlinden et spécialiste renommée de Grünewald, avec Georges Bischofff dans leur ouvrage commun "Grünewald le Maître d'Issenheim" se laissent également abuser par les affirmations de Huysmans en commentant ainsi : "le personnage peint dans le coin inférieur gauche du retable est unique dans l'iconographie du saint. Terrassé il assiste impuissant à la scène. Les historiens de l'art et les médecins y reconnaissent unanimement un malade atteint du feu de Saint Antoine. Rongée par la gangrène, la main gauche a laissé place à un moignon. Les bubons du ventre trahissent la syphilis. A l'exemple de saint Antoine, sauvé par la prière, les malades sollicitaient l'aide de Dieu grâce à l'intercession du saint".


J'invite tous les auteurs qui reprennent cette hypothèse vénérienne, à vérifier dans n'importe quel manuel de médecine, qu'une implication syphilitique dans les lésions cutanées, en particulier abdominales, peintes par Grünewald, est improbable car l'illustration demeure bien éloignée de la séméiologie habituelle de cette maladie où seul le chancre d'inoculation (transitoire) à localisation le plus souvent génitale, présente un caractère humide et suintant, sans aucune mesure avec les gonflements furonculeux et même les véritables giclures qui fusent de notre petit malade...


Que se passe-t-il dans la vallée du Rhin à l’époque de Grünewald ?


Les Sélestatois dominicains de choc Heinrich Krämer, alias Institoris, et Jakob Sprenger (ayant titre d'inquisiteurs dans la vallée du Rhin), publient Le Malleus Maleficarum.
Le Marteau des sorcières de Sprenger et Institoris est directement écrit pour l'imprimerie, car ses auteurs se veulent des hommes de progrès et, pour lutter contre Satan, utilisent des techniques de pointe. Le succès de l'ouvrage est prodigieux : entre 1486 et 1520, on compte une quinzaine d'éditions, parues dans des villes rhénanes.
Ultra bêtises perverses (par exemple, Institoris affirme dans le marteau des sorcières, que les sorcières volent les sexes masculins et les cachent dans des nids), procès en sorcellerie à peine tempérés par l’Humanisme naissant des contemporains que sont :

Beatus Rhenanus (né à Sélestat en 1485 et mort en 1547 à Strasbourg) de son vrai nom Beat Bild est un imprimeur éditeur, écrivain historien et avocat humaniste. Il a donné son nom à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat qui porte le nom de Bibliothèque Beatus Rhenanus, et est située dans un passage du même nom, ami de Erasme, qui fit de nombreux séjours à Sélestat et dont la nouvelle traduction de la bible en latin (à partir du grec) qui eut un grand succès à cette époque de simonies et de trafic d’indulgences, faisait le lit de l’hérésie Luthérienne.

Et Sébastien Brant, né à Strasbourg en 1458, et mort en 1521. Il étudie la philosophie et le droit à Bâle où il obtient son doctorat et devient professeur puis doyen de la faculté de droit. Au moment de la Réforme, il reste fidèle au catholicisme.
Son oeuvre la plus connue, la Nef des Fous a eu une très grande influence tant auprès des philosophes ( Erasme et son éloge de la folie) que des artistes (J. Bosch).

La Nef des fous. Gravure d'Albrecht Dürer (1498).

Paru à Bâle en 1494 un jour de carnaval, ce long poème écrit en allemand devint l’œuvre la plus lue d’Europe.

Fréquemment réédité, ce récit en vers décrit avec verve, sur un ton satirique, ironique et moralisateur un tableau pessimiste de la condition humaine. Dans ce livre l’humanité est embarquée sur un navire, toutes classes sociales confondues; nobles, roturiers, négociants, paysans, cuisiniers, magistrats, gens de robe et d’épée, tout le monde est du même voyage, qui est celui de la vie... Les travers du clergé, de la noblesse, de la roture, de la magistrature, des universitaires, des négociants, des paysans des cuisiniers sont passés au crible de la raison. La folie est en toute chose, des "modes nouvelles" aux "vœux importuns" en passant par l’ingratitude ou les mauvaises femmes. Tous, embourbés dans leurs vices, leurs querelles, inlassablement pécheurs, courent à leur perte comme le bateau va au naufrage !

"Le défaut du fou n’est pas tant sa folie, c’est-à-dire son péché, que son obstination à ne pas vouloir se reconnaître fou, autrement dit pêcheur….".

Oh ! Mais que vois-je ? Encore une grenouille ! Ou bien, n'est ce pas plutôt un crapaud ?
Tableau : Les amants trépassés. Ecole allemande,XVIè. Strasbourg, musée des beaux arts.
L'œuvre fut longtemps attribuée à Mathis Grünewald. 



J’attire l’attention sur la filiation sémantique Mort /sexe de femme / grenouille ou crapaud.


Inspirons nous, pour l’interprétation du sens caché d’une œuvre d’art, du discours de Jacques Lacan à propos de : Les Ambassadeurs, tableau de Hans Holbein (1533), National Gallery, Londres. Ce tableau de Hans Holbein recèle une image cachée, secrète pour celui qui la découvre...



Jacques Lacan :
Or, dans le tableau des Ambassadeurs, que voyez-vous ? Quel est-il, cet objet étrange, suspendu, oblique, au premier plan en avant de ces deux personnages ? Commencez à sortir de la pièce où sans doute il (le tableau) vous a longuement captivé. C'est alors que, vous retournant en partant, vous saisissez sous cette forme quoi ? une tête de mort. Le secret de ce tableau, dont je vous ai rappelé les résonances, les parentés avec les vanitas, de ce tableau fascinant de présenter, entre les deux personnages parés et fixes, tout ce qui rappelle, dans la perspective de l’époque, la vanité des arts et des sciences, - le secret de ce tableau est donné au moment où, nous éloignant légèrement de lui, peu à peu, vers la gauche, puis nous retournant, nous voyons ce que signifie l’objet flottant magique. Il nous reflète notre propre néant, dans la figure de la tête de mort… Lacan fait remarquer que cette anamorphose fait songer à la fois à un œil et à un sexe… et ajoute : ce tableau n’est rien d’autre que ce que tout tableau est, "un piège à regard" … où s'opère la cristallisation scopique autour de l'antinomie un crâne/un phallus versus la mort/la jouissance …
Extraits de : Le séminaire, livre XI.


Sans élucubrer davantage sur la «cristallisation scopique », il n’est pas besoin de chercher bien loin, dans le visage de notre hybride annihilé et mourant, le fantôme phallique qui, à notre insu, piège notre regard : le visage déformé, au nez aquilin, de vieille femme ou de sorcière, nous fait bien voir, se détacher sans ambiguïtés, les attributs du sexe mâle, alors que les intumescences testiculaires sus orbitaires, prennent la forme de grenouilles accroupies….

Umberto Eco (Histoires de la laideur) et Jacques Le Goff (Histoire du corps au moyen age) montrent bien la filiation vieille femme / laideur / sorcière /sexualité débridée / sabbat / baiser le cul du diable, par où notre moribonde des marais s’est sûrement infectée et va crever en libérant ses miasmes ...


Je note que notre désormais sorcière, vue de ¾ arrière, présenterait de face une attitude obscène des plus lubrique : partie inférieure du corps à nu, cuisses écartées très largement ouvertes sur un sexe ou un cloaque de femme ou de batracien, position défécatoire accroupie en arrière, fesses à l’air, main droite qui s’empare, pour un usage certainement ordurier, de feuillets du bréviaire de Saint Antoine…

Tout ceci est très démonstratif, blasphématoire et démoniaque.

En janvier 2007, un colloque organisé par le musée d’Unterlinden à Colmar, qui abrite le chef-d’œuvre, a réuni des savants européens et américains pour débattre de «la technique picturale» de l’artiste, à partir notamment d’analyses menées sur le retable par le Centre de recherche des Musées de France (C2RMF). Ces résultats ont confirmé l’extrême raffinement du talent de Grünewald qui le place souvent au dessus du niveau des plus grands de ses contemporains, Cranach ou Dürer...

Rien en revanche ne nous aide à élucider les significations cachées de la scène qui a capté, piégé, notre regard.

Une érudite et exhaustive analyse hermétique (c'est-à-dire alchimiste selon la doctrine ésotérique de Hermès Trismégiste...) du retable d’Issenheim: «Ce mal des ardents, ce feu sacré semble à peine différent du feu secret des alchimistes : le monstre pustuleux que l'on aperçoit en bas du tableau à gauche représente l'indication, nécessaire, sur la putréfaction qui est l'opération par laquelle doit débuter le magistère. Évidemment, Grünewald ne recherchait aucune intention hermétique lorsqu'il peignait cette toile ; peu importe. Nous pouvons nous servir de ce symbolisme comme d'un prétexte et nous ne faisons là que de la cabale hermétique élémentaire » in http://hdelboy.club.fr/retable_baroque.html, n’apporte pas plus de réponse à notre interrogation.

Le dévoilement auquel je me suis livré est certes difficile à admettre et doit lever bien des résistances, pourtant en suivant Freud, il est habituel que, le refoulé, trouve toujours son chemin qui passe le plus souvent, par un déplacement de la représentation, ici l’irruption d’un monstre protéiforme, condensé de la maladie, de la souffrance, du châtiment divin, du désespoir, d’une sexualité mortifère, d’une sorcellerie.

Voyons ce qui m’autorise à maintenir cette analyse :

Freud dans « Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci » relie théorie, clinique et psychanalyse appliquée à l'art et tente de considérer le processus de la création sur le modèle de la constitution des névroses et soutient que les œuvres des artistes constituent des productions de l'inconscient qui permettent une investigation analytique et qu’il est légitime de rechercher dans toute œuvre d’art, «une image devinette inconsciente».

Cette « image devinette » est très proche de ce que Rolland Barthes appelle le « punctum », ce point qui nous poigne et nous fascine d’où l’œuvre interpelle le spectateur.
Par ailleurs il précise : « Il me semble distinguer trois niveaux de sens. Un niveau informatif, ce niveau est celui de la communication. Un niveau symbolique, et ce second niveau dans son ensemble, est celui de la signification. Est-ce tout ? Non. Je lis, je reçois évident, erratique et têtu, un troisième sens, ... je n’arrive pas à le nommer.... ce troisième niveau est celui de la signifiance. Le sens symbolique s’impose à moi par une double détermination: il est intentionnel (c’est ce qu’a voulu dire l’auteur) et il est prélevé dans une sorte de lexique général, commun, des symboles: c’est un sens qui va au devant de moi. Quant à l’autre sens, le troisième, c'est celui qui vient en trop, comme un supplément que mon intellect ne parvient pas bien à absorber».
C'est bien sûr ce troisième sens qui fait tout l'intérêt d'une analyse sémiologique.

Cette image devinette, ce punctum, ce piège à regard, je l’ai débusqué chez Grünewald, mais il est impossible d’aller plus loin dans les significations cachées, occultes, le troisième sens, sans en savoir davantage sur l’homme Grünewald.
Et justement, celui-ci s’est ingénié à brouiller les pistes, tant sur son identité réelle : après nombre de recherches et d’enquêtes les historiens de l’art s’accordent, sans en être certain, sur celui de Mathis Gothart Neithardt, que sur sa technique : alors que Vinci et Dürer ont été particulièrement prolixes sur leur travaux (par ex. Dürer écrivit « Les Règles de la Peinture » ou le « Traité des proportions du corps humain ») on ne retrouve rien de tel chez Grünewald qui n’eut ni disciples ni successeurs et dont la bibliographie est réduite, fautes de traces, correspondances, et documents probants autres que le nombre restreint d’oeuvres qui lui sont réellement attribuées.

C’est un génie resté dans la pénombre. Philippe Lorentz commissaire de l’exposition internationale 2008 "Grünewald : regards sur un chef d’œuvre" est également perplexe : « Grünewald nous échappe complètement … on ne peut dresser le portrait psychologique d’un artiste si mystérieux …»

Un autre peintre très imaginatif et visionnaire, Hieronymus Bosch dont voici deux extraits du "jardin des délices" :





Pour comprendre le message de Jérôme Bosch, son cadet, tout a été dit et tout reste à dire, tellement son œuvre foisonne de symboles et d’allégories diverses et hallucinées ; une des clés évoquée est la participation à des sectes ou des sociétés secrètes : Jérôme Bosch est cité comme membre de la «Confrérie Notre Dame », proche de la secte hérétique « Les Frères du Libre-Esprit », et les représentations sexuelles de Bosch (notamment dans le jardin des délices) s’inspirent du credo des Adamites, une autre secte hérétique qui préconisait la liberté sexuelle…

Une telle influence ne peut être exclue pour Grünewald, d’autant que confréries et sectes en tout genre fleurissaient dans la vallée du Rhin à cette époque, témoignant du désarroi d’une population accablée de misères.

Historiquement, la région rhénane se présente alors morcelée en une mosaïque territoriale et juridique, cause d’instabilité et de conflits, des bandes armées, reste des routiers (qualifiés en Alsace et Allemagne de « Schinder » ou écorcheurs), des Armagnacs, Coquillards, pillent et brûlent, mettent à sac.

Tandis que les villes renforcent leur fortifications et nouent des alliances défensives comme la Décapole, la campagne est mise régulièrement à feu et à sang, mauvaises récoltes, famines et épisodes sporadiques d’épidémie de peste, achèvent de désespérer une paysannerie méprisée et taillable à merci, tentée par des mouvements et sectes mystiques, ésotériques, et sataniques, ou bien par la chasse aux sorcières, jeteuses de mauvais sorts et boucs émissaires que la torture fera rapidement avouer...

La résistance des vilains s’organise et se réunifie dans des troupes armées qui ajoutent aux exactions, à la confusion et au désordre ; la révolte s’étend en Alsace comme en Allemagne, en une guerre dite des « Rustauds », qui sera noyée dans le sang, mais dont les alliés des gueux, étaient justement des sectes anabaptistes et autres, prônant, qui, la liberté sexuelle et la polygamie, qui, l’allégeance au diable…



Leur bannière porte le Bundschuh, un soulier de paysan avec de longues lanières (opposition à la botte du noble) qui donnera son nom et son symbole à toutes les révoltes paysannes ; les revendications des insurgés sont multiples : annulation de leurs dettes, le droit de voter des impôts, la suppression de la justice ecclésiastique, celle du tribunal impérial, le droit pour chaque communauté d'élire ses propres tribunaux, la réduction du revenu des prêtres, la suppression de la confession, l'abolition du servage, la confiscation des biens ecclésiastiques et leur partage entre les gens du peuple.

Insurrection des campagnes, qui eut son pendant dans certaines villes allemandes : citons Jean de Leyde, qui fut chef des anabaptistes et Maître de l’insurrection de la ville de Münster où il décréta la communauté des biens et la polygamie. Quand, après une année de siège et de résistance opiniâtre, la ville fut prise d'assaut, Jean de Leyde et ses lieutenants furent exécutés dans la torture. Les anabaptistes dits « conquérants » furent traqués et poursuivis dans toute l'Allemagne, l’Alsace et jusqu'en Suisse.

De son coté, une partie du clergé connaissait une dissolution des mœurs qui touchait toute la hiérarchie ecclésiastique : concubinage à tous les étages, beuveries, couvents transformés en lupanars, débauche, etc.
Les appels à la raison des humanistes et les idées réformatrices de Luther vont prospérer dans ce climat délétère.

Ce rappel historique n’est pas sans raison puisque, en 1526 Grünewald est obligé de s’enfuir à Francfort puis à Halle, pour échapper à la répression du cardinal Albrecht Von Brandebourg, car il est suspecté avec d’autres courtisans, d’être impliqué dans la guerre des Rustauds et de sympathie luthériennes.


Dans le retable d’Issenheim, cette sympathie pour les gueux transparaît dans certains détails prosaïques comme le perizonium du Christ qui du berceau à la crucifixion, n’est qu’un chiffon usé et en lambeaux, les draps du lit sont dans le même état, la présence d’un pot de chambre,


la figure de veille folle de Marie Madeleine, ou même celle de l’ange Gabriel qui ne déparerait pas dans une taverne dont la maritorne aurait le visage (bien joufflu) de la vierge de l’Annonciation !

         
Il est donc parfaitement légitime de penser que ses sympathies pour les rustauds et leurs alliés des sectes expliquent la part cachée de la vie de Grünewald qui aurait suivi la même voie que son hagiographe Huysmans, à savoir un passage par le satanisme et ses débordements, pour aboutir à une foi plus intransigeante, telle que la professe les luthériens, par ailleurs familiers du diable si on en croit le"jeteur d’encre".

En faveur d’une telle hypothèse d’inspiration satanique, outre notre sorcière lubrique que ne renieraient pas les auteurs du Maleus Maleficarum qui insistent de façon morbide sur l’aspect licencieux des rapports sexuels que les sorcières auraient avec les démons, l’ange « plumé, aux doigts chargés de bagues» qui joue de la viole de gambe dans la chapelle du panneau de l’incarnation, ne serait autre que Lucifer en personne !(selon Wilhelm Fraenger, Ruth Melikof).


Et pourquoi avoir sexualisé, en lui ajoutant des seins, le démon qui vient importuner Saint Antoine a travers un bris de vitre ?

Une autre source d’inspiration de Grünewald, constamment citée, sont les révélations et visions de Sainte Brigitte qui connaissaient une grande diffusion : à s’y plonger on est frappé de la fascination pour la description outrancière des souffrances et des cruautés infligées au Christ !


Fascination pour la douleur, le supplice et la violence qu’a excellé à rendre picturalement Grünewald, tant pour la crucifixion, que pour la noria frénétique des démons qui assaillent Antoine dans le panneau qui nous intéresse.


Mysticisme exacerbé, paroxysme des souffrances, fascination pour l’horreur toute satanique !

Fascination pour l'abjection, le masochisme effréné et destructeur que l'on retrouve chez les grandes saintes mystiques anorexiques et coprophiles, ainsi que le démontre E. Roudinesco dans son dernier opus.

Il est d'ailleurs frappant de constater que ces Saintes Mystiques (Sainte Lydwine de Schiedam, Sainte Catherine de Sienne, et le bataillon des "emmurées", ont toutes, à un moment ou un autre, été soupçonnées d'être possédées par le diable. A lire les descriptions de leur "petits plaisirs", on reste pétrifié d'horreur et de dégoût : une émotion aussi poignante que la vision doloriste de la crucifixion de Grünewald !

Pour reprendre Huysmans, Grünewald, à la différence des grands peintres du début de la Renaissance allemande qui figurent au pinacle de son époque (Cranach, Schongauer, Dürer, Altdorfer, Holbein, Baldung Grien), n’est pas un fabriquant de « bonbons pieux ».

On peut donc imaginer que si le plus doué des artistes de son époque n’a pas eu le succès mérité, c’est bien parce qu’il sentait le souffre.

Toutes ces précisions ne font que conforter mon analyse ; l’image énigme, digne d’un bestiaire, qui a piégé notre regard, est à la croisée de nombreuses chaînes de significations qui s’y condensent :

- la maladie, l’infection, les abcès, la septicémie, la gangrène, la souffrance, l’agonie, la mort ;
- le châtiment de Dieu, la pourriture de la chair miroir du vice de l’âme ;
- l’homme en déréliction, le sort de l'impie ;
- L’impérieuse nécessité de songer avant tout au salut de son âme ;
- la transformation du corps en créature batracienne symbole des pratiques sexuelles vicieuces et bestiales du diable ;
- le corps supplicié d’un suspect interrogé par l’inquisiteur Heinrich Kraemer ;
- la sorcière qui escamote sur son visage le sexe masculin qu’elle a volé ;
- la sexualité lubrique et mortifère, le blasphème, la possession par le démon ;
- le désespoir, l’horreur, le dégoût, la peur.

Et, d’une façon plus générale, ce qui est représenté ici ce sont les avatars de ce qu’Elisabeth Roudinesco appelle la « part obscure de nous même », cette chose enfuie en nous que nous refusons de voir, la face nocturne de l’homme, ce monde pulsionnel préoedipien et monstrueux (le "pervers polymorphe"), avant les remparts de l’éducation et l’intériorisation des interdits.

Grünewald aurait donc ainsi grimé sous nos yeux ébaubis ce que l'on a tendance à refouler, rejeter, oublier, tout ce qui par conséquent continue à nous fasciner et mener par le bout du nez.

Cette représentation fantastique et allégorique, d'un artifice poussé à l'extrême pour faire ressortir les vices des hommes et leurs conséquences, nous renvoie à nos adversités, nos angoisses, nos difficultés, nos hontes, nos sales petits et grands secrets, aux aspects sombres de notre personnalité.



Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste

C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Serré, fourmillant comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
...
Charles Baudelaire

Cette étude peut être vue ou téléchargée en fichier .pdf : 

https://drive.google.com/file/d/0B_BfI9rCjVTDMUNWVFFqQ19vT1U/view?usp=sharing

Je me suis rendu une nouvelle fois au musée Unterlinden en juin 2012 et ai été émerveillé et enthousiasmé par le résultat magnifique du nettoyage effectué par Carole Juillet et Florence Meyerfeld sur le panneau de l'agression de Saint Antoine. Tous les autres panneaux en ressortent ternes et perdent de leur splendeur. Un fâcheux de la tribune de l'art s'est démené pour faire arrêter cette remise en beauté; qu'il soit conspué avec tous les paralysés du principe de précaution qui l'ont suivi, ces constipés dont cervelles et pensées fusionnent en un imbalayable coprolithe. 



Mes autres blogs à partir de ce lien : Francois Kienzler

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